Les gags de l’immigration

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Les gags de l’immigration

 

Karina, femme-orchestreQuand nous avons immigré au Québec, nous cherchions une meilleure qualité de vie pour nous et pour nos enfants (Notre vie, notre choix). Même si on connaissait plusieurs éléments de la vie de cette terre d’accueil (surtout en ce qui concerne l’hiver québécois), d’autres éléments linguistiques et culturels étaient encore à découvrir.

 

Pendant la période d’adaptation et d’intégration, nous avons vécu toutes sortes d’expériences qui sont maintenant gravées dans notre mémoire. Aujourd’hui, lorsque nous nous remémorons cette époque de plus en plus lointaine, nous rions aux éclats de ces anecdotes cocasses, lesquelles font, dorénavant, partie de nos meilleurs souvenirs d’immigration.

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Une nouvelle façon de porter l’habit de neige

Évidemment, cela a été moins drôle pour notre fils lorsqu’il a porté, pour la toute première fois de sa vie, l’habit de neige pour aller à l’école. En effet, comme toute bonne mère, je le lui ai fait enfiler avant de partir de la maison. J’ignorais seulement, à l’époque, un tout petit détail qui a fait pour lui toute la différence. Le pauvre ! Imaginez déjà comment il était difficile pour lui d’être le seul nouvel arrivant dans une nouvelle école, ne pas parler la même langue, ne connaître personne, même pas le fonctionnement de l’école (car celui-ci est très différent de celui des écoles argentines). Et, en plus, en arrivant à l’école, il voit que tous les autres enfants enlevaient leur habit de neige avant d’aller en classe. Or, lui, il l’a gardé et son enseignante lui a demandé de l’enlever. Très embarrassé, il lui a fait comprendre qu’en dessous de l’habit de neige, il était en caleçon ! Eh bien oui, la fantastique mère que je suis ne savait pas qu’il fallait porter un autre pantalon en dessous de l’habit de neige. Je pense que, ce jour-là, il ne devait pas beaucoup m’aimer…

 

Les repas québécois

Ayant fait toute ma scolarité avec des enseignants français, j’ai éprouvé, pendant les premières années au Québec, beaucoup de difficulté avec la dénomination des repas. Pour le « souper », c’était plus facile, car le nom différait complètement de celui utilisé en France. Par contre, j’étais obligée de réfléchir quelques secondes lorsqu’on me parlait de « déjeuner » ou de « dîner ». C’est incroyable à quel point il est difficile de modifier quelque chose que l’on a appris et qui est acquis depuis très longtemps. Chaque fois que l’on me mentionnait l’un de ces deux repas, je devais penser aux repas en français de France pour tout décaler afin de convenir aux repas québécois. Toute une gymnastique mentale, je vous assure ! Le fait est que, un jour, l’enseignante de notre fils envoie un message à tous les parents afin d’inviter les enfants à dîner tous ensemble en classe. Ils devaient, pour cela, apporter un repas froid. Naturellement, je trouvais que l’enseignante avait omis une information essentielle et je lui ai écrit un courriel pour lui demander à quelle heure je devais passer chercher notre fils à l’école. Première réponse de l’enseignante : « À l’heure habituelle ». Bref, après quelques échanges de courriels, elle a fini par me faire comprendre que ledit dîner en classe allait se faire à midi. Heureusement, aujourd’hui, la compréhension des repas est devenue plus automatique…

 

Un cabaret atypique

Aussi, imaginez ma surprise lorsqu’en commandant un café dans un Tim Horton, on m’a dit de prendre un cabaret ! J’ai regardé autour de moi pour vérifier si je me trouvais à la bonne place. J’étais sûre que j’avais mal compris les propos de l’employé. Cependant, ce n’est que lorsqu’il me l’a répété en pointant la pile de plateaux que j’ai saisi la toute nouvelle signification de ce mot !

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Une chaudière qui ne chauffe pas

Parmi mes anecdotes linguistiques, il m’est arrivé un jour, lorsque nous nous sommes installés dans notre premier logement, de demander au concierge un « seau » pour faire le ménage. Suite à ma demande, il m’a répondu : « Aucun problème, je vous apporte une chaudière ». De toute évidence, il ne me comprenait pas, car on était en plein été et je ne voulais rien chauffer. J’ai donc essayé de me faire comprendre à l’aide de la mimique (juste le souvenir de cette situation me fait éclater de rire). Alors, le concierge m’a encore  répondu : « Oui, une chaudière ». Comme il voyait qu’on allait passer la journée à s’expliquer de la sorte, il m’a fait signe de l’attendre et, en revenant, il avait bien entre les mains l’objet tant convoité : un seau !

 

Une très longue bienvenue

Voici une autre anecdote qui me fait toujours sourire lorsque j’apprends le sens du terme « bienvenue » à mes élèves nouveaux arrivants. Évidemment, ayant toujours appris le français avec des Français, en arrivant au Québec, je n’avais, pour ce mot, qu’une seule signification possible en tête. Or, au début, lorsque les Québécois me répondaient « Bienvenue », je me disais qu’ils voyaient bien que je venais d’arriver d’un autre pays. Par contre, avec le temps, je comprenais moins pourquoi ils continuaient de me dire « Bienvenue », alors que notre arrivée à Québec était de plus en plus loin dans le temps. Je dois vous avouer que cela m’agaçait un peu. Ce n’est que beaucoup plus tard et, par pur hasard, lors d’un voyage en Ontario que j’ai compris l’emploi de ce calque de l’anglais. Il va sans dire que cela m’a fait profondément sourire !

 

Le petit format

Par ailleurs, nous rions toujours de mon sursaut quand mon mari m’a rapporté pour la première fois un café « petit format » acheté dans une station de service. Ma première réaction a été de lui reprocher son achat en lui disant : « Mais je t’ai demandé un petit café, pas un café format familial ! » Naturellement, comme une bonne femme incrédule, je suis allée moi-même vérifier que cet énorme gobelet était bel et bien le plus petit format. Rien d’étonnant lorsque vous êtes habitué à ces grands formats. Par contre, cela est tout à fait atypique lorsque vous venez d’un pays où le petit format est réellement petit.

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D’autres anecdotes amusantes

D’un autre côté, mon travail auprès des immigrants me permet de connaître aussi quelques-unes de leurs anecdotes. Par exemple, l’un de mes étudiants brésiliens m’a raconté qu’un jour, alors qu’il était récemment arrivé, un de ses collègues de travail l’a invité à se joindre au reste du groupe pour un 5 à 7 Chez Victor. En effet, mon étudiant ne connaissait personne dans l’équipe dénommé ainsi. Pourtant, un peu par timidité et aussi embarrassé, il n’a pas osé poser de questions et il les a suivis. Il n’avait aucune idée de l’adresse dudit Victor. Et oh, quelle a été sa surprise quand ils sont arrivés devant un restaurant qui affichait une belle pancarte sur laquelle il était écrit : Chez Victor.

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Un autre de mes étudiants m’a raconté une histoire vécue par l’une de ses amies colombiennes. En arrivant au Québec, un agent du gouvernement a demandé à son amie : « Êtes-vous mariée ? » Et elle a répondu : « Oui, oui, je suis Marie Hélène » ! Il est intéressant de voir comment les mots peuvent se ressembler pour une personne non francophone.

 

Également, une de mes amies françaises a été choquée lorsque lors d’une entrevue d’emploi on lui a posé la question : « Tu chauffes-tu ? ». Alors que, pour elle, « chauffer » n’avait pas du tout le sens de « conduire ». Vous imaginez déjà la couleur de son visage. Incroyable comment la langue de Molière peut différer d’un côté et de l’autre de l’Atlantique !

 

Voilà quelques-unes de nos nombreuses anecdotes qui agrémentent nos conversations et qui nous font rire à chaque fois que nous les racontons. Je suis sûre que vous aussi vous avez des souvenirs drôles que vous aimez partager. N’hésitez pas à le faire pour que nous puissions rire ensemble, car rire est le meilleur remède pour vivre heureux et en santé !

 

Et maintenant, pour tous ceux qui voudraient écouter le texte au lieu de le lire, voici l’enregistrement audio. Bonne écoute !

 

 

À propos de Karina Satriano

Des tranches de vie d'une famille bien héréroclite, des anecdotes sur notre immigration, des trucs pour l'organisation et des témoignages de partage. Tout en un !
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2 réponses à Les gags de l’immigration

  1. Ma première année ici en 2004, je vivais en colocation avec 2 québécoises et une ontarienne.
    Premier repas que je leur fais, une me laisse une note: « c’est écoeurant!  » Tu imagines ma perplexité!
    Un autre jour, je vois uje affichette sur le « babillard » qui fait la promotion d’une vente de garage. Je crois naïvement à un garage. Mais lorsque je tombe deux affiches plus bas sur la vente de trottoir, je me suis dit qu’il y avait sûrement un autre sens!
    En 2008, j’obtiens un poste dans une grande marque de vêtements aujourd’hui disparue. Là encore, je découvre tout un monde lexical où les camisoles sont mode, les débardeurs non, les gilets particulièrement en automne chez les femmes mais les vestes pas mal moins chez les hommes… j’étais mêlée pas à peu près!

    • C’est tout à fait vrai !!! Hi, hi, hi ! Moi aussi, je suis toujours mêlée avec les noms des vêtements ! Drôle de casse-tête ! Imagine aussi qu’un jour quelqu’un m’a offert une liqueur pour mes enfants et je lui ai répondu : « Merci, mais mes enfants ne boivent pas d’alcool » 🙂

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