Donner au suivant

Le temps des Fêtes est une période de l’année où nous sommes très sollicités de partout dans le but de faire des dons pour différentes causes. Il est évident qu’il s’agit d’un fotoyomoment très spécial, puisque les Fêtes approchent, ce qui implique des repas en famille, des cadeaux pour les enfants, des sorties avec l’entourage, etc. Toutefois, il existe malheureusement beaucoup de familles démunies et de personnes seules à Québec qui ne peuvent pas s’offrir ce luxe et qui en souffrent. En général, les gens sont plus sensibles et plus portés à donner en ce moment de l’année. Cependant, ces personnes qui sont dans le besoin ou qui souffrent de solitude requièrent notre aide toute l’année.

Quand nous sommes arrivés à Québec en 2003, nous n’avions que nos valises, rien d’autre. Nous avions apporté une somme d’argent qui aurait dû nous suffire pour les six premiers mois avant de nous trouver un emploi. Néanmoins, cette somme s’est vite envolée compte tenu du coût du logement, des nombreuses dépenses en lien avec les différentes démarches administratives, de l’achat des billets d’autobus pour tous nos déplacements, du matériel scolaire pour notre fils, des vêtements d’hiver — puisque les donner au suivant 6vêtements d’hiver de notre pays d’origine n’étaient pas appropriés pour l’hiver québécois —, de l’achat des affaires pour la maison et, bien évidemment, de nourriture. Il faut dire que nous avons eu beaucoup de chance d’avoir rencontré deux bénévoles de cœur (Imelda Drolet et Roger Bolduc dont je vous ai déjà parlé dans mon billet intitulé Nos anges gardiens), qui nous ont fait connaître les différents organismes d’aide comme la Société Saint-Vincent-de-Paul, Moisson Québec, les Chevaliers de Colomb, les divers comptoirs vestimentaires et alimentaires comme celui de l’Armée du Salut, des Sœurs de la Charité et tant d’autres. En fait, même si à l’époque nous nous sentions très embarrassés, voire honteux d’avoir à solliciter (car nous ne l’avions jamais fait auparavant dans notre pays d’origine), cela était indispensable à notre survie. Au moins, jusqu’à ce que l’on ait pu avoir un revenu nous permettant de subvenir aux besoins de notre famille.

 

Évidemment, nous sommes toujours très reconnaissants de l’aide que nous avons reçue pendant ces premiers mois assez difficiles. Par conséquent, aujourd’hui (en réalité, depuis

donner au suivant 3déjà plusieurs années), c’est à notre tour de faire partie de cette incroyable chaîne de solidarité et d’entraide qui n’existe pas partout ailleurs et qu’on a la chance d’avoir ici, au Québec. En général, la plupart des personnes qui donnent ne savent pas exactement où vont leurs dons, qui en profite. Personnellement, le fait d’avoir été du côté de ceux qui reçoivent m’a permis de constater combien de gens — autant des immigrants que des Québécois — bénéficient de ce courant de bienfaisance, et à quel point ces personnes en sont reconnaissantes.

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Toutefois, il serait important de pouvoir apporter un peu de nous-mêmes tout au long de l’année, car ces personnes en ont besoin non seulement pendant le temps des Fêtes. Vous me direz sûrement que vous n’avez pas le temps. Certes ! De nos jours, nous vivons dans un rythme de vie tellement accéléré que nous n’avons jamais le temps. En revanche, si une cause nous tient vraiment à cœur, je ne me lasserai jamais de répéter que « il faut se faire le temps pour le faire ». Si vous attendez avoir du temps pour être solidaires, laissez doncdonner au suivant 4 tomber tout de suite ! Il faut se faire le temps d’aider les autres, car, tel que démontré par plusieurs études à ce sujet, cela est très bénéfique autant pour notre santé physique que pour celle de notre esprit. L’essentiel est de faire attention autour de nous — auprès de notre voisinage, de nos amis, des amis de nos amis, de notre famille, de nos collègues de travail, de notre entourage en général, des gens que nous rencontrons tout à fait par hasard — afin de déceler le large éventail de besoins existants. Car ce ne sont pas toujours les habitants de pays étrangers et éloignés qui ont besoin de notre aide. La plupart des fois, ce sont des personnes comme nous, qui se trouvent juste à côté de nous, mais comme nous sommes si occupés à travailler, à être de plus en plus performants, à nous entraîner, à courir de gauche à droite pour les multiples activités de nos enfants ou même les nôtres, etc., ces personnes passent carrément inaperçues. C’est comme si nous étions aveugles, tout en voyant. En fait, il se peut qu’une personne n’ait besoin que d’être écoutée, et pourquoi nous ne lui prêterions pas notre oreille ? À ce que je sache, il n’y a aucun coût qui s’y rattache. En général, ces personnes n’iront pas à notre recherche. C’est plutôt nous qui devons aller à leur rencontre — il faut encore les apercevoir — afin de leur donner la possibilité de se confier, de vider leur cœur. D’autres fois, quelqu’un tout près de vous pourrait être malade et avoir besoin d’un coup de main pour les courses, pour le transport des enfants à l’école, pour le ménage, pour les repas, entre autres. Certaines personnes pourraient même avoir besoin d’être conduites ou accompagnées à des rendez-vous médicaux, alors que d’autres pourraient juste avoir besoin de conseils, de renseignements. Et encore, pourquoi ne pas faire de la solidarité une activité familiale ou de groupe ? Vous pourriez, par exemple, aller cueillir des légumes avec votre famille ou vos collègues ou vos amis. En toute connaissance de cause — parce que je suis moi-même allée avec ma famille cueillir des betteraves cet été —, je vous assure que c’est une expérience extrêmement enrichissante et amusante autant pour les grands que pour les adolescents et les petits. Vous pourriez également aller servir la soupe populaire en famille. Vous ferez tellement d’heureux ! Outre le fait de donner votre temps, vous aurez la chance de connaître des personnes très intéressantes, vous pourriez même développer votre réseau de contacts ou vous faire de nouveaux amis. Qui sait ? On ne sait jamais d’avance où ce don de la Vie peut nous mener.

 

En somme, la solidarité, le bénévolat, le don de soi-même, le partage, l’entraide peut prendre toutes sortes de formes. L’important, c’est de bien choisir celle qui nous convient le mieux et de rester attentifs et ouverts aux besoins des gens qui nous entourent. Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas toujours nécessaire de passer des heures et des heures pour aider son prochain. Il convient surtout d’être à l’écoute des autres, de s’ouvrir aux autres et de se mettre à la place des autres, car aussi petit que notre geste puisse paraître, il peut faire toute une différence et changer même une vie ! En plus, non seulement vous éprouverez une incommensurable satisfaction à pouvoir rendre un service à quelqu’un qui en a grandement besoin, mais vous serez surtout comblés de la gratitude que ces gens vous témoigneront. Donner au suivant ne vous rapportera que du bonheur à profusion ! C’est garanti !

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À propos de Karina Satriano

Des tranches de vie d'une famille bien héréroclite, des anecdotes sur notre immigration, des trucs pour l'organisation et des témoignages de partage. Tout en un !
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3 réponses à Donner au suivant

  1. Teresa Esponda dit :

    Tienes mucha razon, un pequeno gesto hace la diferencia, muy bonito Karina.
    Teresa

  2. Lucía dit :

    Karina, ese video muestra lo que decíamos ayer. Hay mucha generosidad anónima, chiquita, casi invisible. Pero existe, está en la calle, en el autobús, en el supermercado, en la oficina. Eso muestra lo que verdaderamente somos. Un beso grande.

  3. Tony dit :

    Muy lindo texto mi amor
    Con pequeños gestos en la vida cotidiana se puede ayudar mucho y da mucha satisfacción a la vez.

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