Toilettes automatiques versus toilettes non automatiques

karinafemmeorchestre

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L’été dernier, lors de notre voyage en voiture à l’Île du Prince Édouard, nous avons arrêté, Karina, femme-orchestrecomme d’habitude, dans une halte routière. En rentrant dans les toilettes des femmes avec mes deux filles, j’ai été choquée par les cris assourdissants d’une fillette. Je ne pouvais pas la voir, car elle était dans l’une des cabines, mais je l’entendais crier et pleurer de toutes ses forces, alors que sa mère essayait gentiment de lui faire comprendre qu’elle ne devait pas avoir peur de la toilette.

 

L’automatisation des toilettes publiques

Évidemment, cette scène m’a rappelé tout ce que j’ai vécu et que je vis encore, mais en moindre intensité, avec ma fille de quatre ans et demi. Heureusement, je n’étais pas la seule ! Puisqu’avant cet évènement, je n’avais jamais entendu d’enfant pleurer ou de parent se plaindre à ce sujet. Je croyais vraiment être la seule à subir les conséquences de l’automatisation des toilettes publiques !

 

Tout a commencé quand ma fille, la benjamine de la famille, est devenue propre vers l’âge de deux ans et demi et que je devais tranquillement l’initier à faire pipi dans les toilettes publiques. Avant cela, je ne voyais que du positif dans ce progrès de l’automatisation des toilettes. Je trouvais que ce progrès était avantageux car il permettait, entre autres : d’économiser de l’eau; d’éviter de toucher au bouton ou à la poignée de la chasse d’eau, limitant ainsi la contamination causée par les multiples bactéries et microbes présents dans les toilettes publiques; et de gaspiller du papier grâce à la présence de plus en plus répandue des surpuissants sèche-mains à air chaud.

 

Quand je suis allée à Paris en 1987, j’ai été fascinée quand je suis allée aux toilettes de l’aéroport Charles de Gaulle et que la chasse d’eau s’est actionnée toute seule en refermant la porte de la cabine. Encore plus ébahie quand j’ai trouvé, tout à fait par hasard, comment obtenir de l’eau pour me laver les mains alors qu’il n’y avait aucun robinet nulle part. Naturellement, en rentrant chez moi en Argentine, ces expériences faisaient partie des récits de mes incroyables découvertes dans cette ville lumière, car, bien évidemment, cela n’existait pas encore chez nous.

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En revanche, cet enchantement a vite disparu lorsque ma toute dernière rejetonne, née à l’ère de l’automatisation et de toutes les technologies imaginables, a commencé à utiliser les toilettes publiques. Comment j’aurais pu imaginer, après être passée par la même expérience deux fois auparavant, que cette sorte de progrès allait me causer (et d’après ce que je vois, je ne suis pas la seule) autant de maux de tête ? Avec toutes les réglementations et précautions et enjeux économiques existants de nos jours, est-il possible que personne n’ait pensé à faire essayer ces engins automatiques par des tout-petits ? Car à l’instar de cette petite fille d’environ deux ans que j’ai vue sortir des toilettes morte de peur sans avoir rien fait, ma fille, elle aussi, ressentait une peur atroce de ces toilettes automatiques. Déjà qu’il est très difficile pour les enfants de cet âge, en plein apprentissage de la propreté, de voir leurs besoins s’en aller étant donné qu’ils pensent qu’il s’agit d’une partie d’eux-mêmes qui s’en va, on ajoute encore le facteur « bruit assourdissant ». Et comme si cela ne suffisait pour les effrayer, la plupart de ces capteurs de mouvement qui actionnent la chasse d’eau se déclenchent tout seuls et même à de multiples reprises pendant que l’on est tranquillement assis sur le « trône ». Résultat : non seulement je devais essayer de convaincre ma fille prise d’une crise de panique que la cuvette n’allait pas l’avaler, qu’elle n’allait pas se déclencher toute seule (alors qu’elle se déclenchait presque tout le temps pendant mon explication, donc perte de toute crédibilité envers maman), mais, en plus, lorsque je réussissais enfin à l’asseoir même en s’agrippant à moi de toutes ses forces, je priais pour que la chasse d’eau d’une autre cabine ne s’actionne avant qu’elle n’ait terminé, car dès qu’elle entendait le bruit elle faisait un saut et je devais, hélas, tout recommencer…

 

Heureusement, aujourd’hui, à quatre ans et demi, ma fille me demande s’il s’agit ou non d’une toilette automatique et n’hésite pas à l’inspecter afin de le vérifier par soi-même (elle ne me fait plus confiance à ce sujet !). Naturellement, les toilettes non-automatiques demeurent ses préférées, car elle peut faire ce qu’elle a à faire en toute tranquillité.

 

Le lavage des mains

Par la suite, si on arrive à franchir cette angoissante et pénible première étape, il reste encore celle, et non la moins importante, du lavage et séchage des mains. Pour ce qui est du lavage de mains, ce n’est pas le facteur bruit qu’il faut considérer, mais plutôt la difficulté pour un parent avec un jeune enfant de laver les mains de son rejeton. Tout d’abord, il faut soulever l’enfant pour qu’il arrive à placer ses mains en dessous de la sortie d’eau. Ensuite, comme les mains de l’enfant sont en général trop petites pour le capteur, il faut que le parent tienne l’enfant avec un bras et qu’il passe sa main sur le capteur avec l’autre bras en même temps qu’il lave les mains de l’enfant. Toute une contorsion digne des meilleurs acrobates ! Si jamais vous vous demandez d’où viennent vos tensions dans le dos, voilà probablement l’une des raisons.

karinafemmeorchestre

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Et maintenant, l’élément culminant : le sèche-mains. Si elle a le choix, ma fille se dirige directement et sans hésitation vers le distributeur de papier. Or, de plus en plus, pour une question environnementale, que je défends avec ferveur, ce choix est de moins en moins présent. Dans ce cas-là, tel que je le lui ai appris pour éviter ses pleurs, elle se dirige droit vers le papier-hygiénique et voilà, problème réglé ! Pas question qu’elle se place en dessous de ces engins qui font un bruit d’enfer et qui soufflent de l’air chaud — comme elle m’a dit un jour : « J’ai peur du dragon, maman ! » Ou encore moins de mettre ses petites mains dans une épeurante machine bruyante et chauffante !

 

La pollution sonore

Par ailleurs, en plus de tous ces désavantages avec les tout-petits, il existe, selon moi, d’autres inconvénients qui auraient dû ou devraient être considérés dans un proche avenir. Par exemple, qu’en est-il de la pollution sonore provoquée par ces sèche-mains ultrapuissants et ultrabruyants ? Certes, ils sèchent nos mains hyper-vite, mais si le bruit généré par une seule machine résulte tellement assourdissant, voire agressif, imaginez le vacarme produit lorsque plusieurs sont en marche en même temps ! À ce vacarme s’ajoute aussi le fait que la plupart de ces engins se déclenchent tout seuls dès qu’on s’y approche à peine.

 

Un décor invitant

Quand je suis allée au Chili pour la première fois en 2014, j’ai été complètement épatée de voir, dans un centre commercial de la capitale de ce pays dit du Tiers-Monde ou pays en voie de développement, des toilettes équipées avec des cuvettes, des lavabos et des sèche-mains plus petits et plus bas adaptés aux jeunes enfants, dans la même pièce que les toilettes des mamans, mais avec des couleurs et des motifs plus attrayants pour les enfants. Quelle bonne idée !

karinafemmeorchestre

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Bref, j’espère que les distributeurs de papier-toilette resteront manuels ! Je le mentionne au cas où quelqu’un aurait déjà eu l’idée de les automatiser. Et, si tel est le cas, pensez à les faire silencieux !

 

Avez-vous déjà vécu ce genre d’expérience avec votre ou vos enfants ? Qu’en pensez-vous ? Racontez-moi ce que vous avez éprouvé, ressenti ou subi. Peut-être que quelqu’un nous écoutera et, sensibilisé à ce problème, apportera des améliorations à ces engins automatiques pour le mieux-être des grands et des petits.

 

Et maintenant, pour tous ceux qui voudraient écouter le texte au lieu de le lire, voici l’enregistrement audio. Bonne écoute !

 

 

À propos de Karina Satriano

Des tranches de vie d’une famille bien héréroclite, des anecdotes sur notre immigration, des trucs pour l’organisation et des témoignages de partage. Tout en un !

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