Les étapes de nos enfants

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Depuis leur naissance, nos enfants passent au travers de toutes les étapes naturelles et propres au développement physique et psychologique d’un enfant. Parmi ces étapes, certaines sont plus faciles et d’autres bien plus difficiles. Or, mon expérience de maman de trois enfants d’âges très différents me permet d’affirmer ce qui suit : Petites personnes, petites étapes; Grandes personnes, grandes étapes. Je ne suis pas une spécialiste dans le domaine, et je suis loin de vouloir le devenir, mais mon parcours en maternité m’a démontré que le cheminement des enfants à travers les différentes étapes de leur vie se complexifie avec l’âge. En fait, lorsque nos enfants sont petits, chaque fois qu’ils traversent une étape, nous avons l’impression qu’il n’existe rien de plus compliqué, et nous avons à peine le temps — et la force — de nous préparer pour la suivante. Toutefois, un peu plus de vingt ans plus tard, je me rends compte que toutes ces étapes n’étaient qu’un grain de sable face aux défis de plus en plus importants à surmonter au fur et à mesure qu’ils grandissent. Cependant, est-ce que nos enfants sont les seuls à surmonter tous ces défis ? Et nous, les parents, quel rôle jouons-nous dans tous leurs processus de croissance ? Sommes-nous de simples spectateurs, des figurants ou de parfaits guides accompagnateurs ?

Couper le cordon : un deuil inévitable

Il y a de cela trois ans, j’étais si inquiète du fait que notre fils aîné partait à quelques 800 km de chez nous pour faire une session d’études à Toronto que j’ai publié un article intitulé Couper le cordon. À travers ce texte, j’exprimais non seulement toutes mes craintes face à ses capacités de débrouillardise, mais aussi toute ma nostalgie d’une enfance révolue. Comme parents, vous comprendrez ô combien il est difficile de laisser ses oisillons faire leur premier envol sans craindre les chutes… Heureusement, son séjour loin du nid familial s’est merveilleusement bien passé. Et, à la fin, nous étions, aussi bien lui que nous, heureux de son retour au bercail. Je dois vous avouer que, en tant que parents, nous étions soulagés, car notre fils a su nous montrer, voire nous prouver, comment il était capable de survivre tout seul grâce à tout ce qu’il avait appris à la maison comme ailleurs. Je ne veux surtout pas m’attribuer tout le mérite, puisque, comme dit le proverbe : « Il faut tout un village pour élever un enfant ».

 

Départ progressif : une agréable solution

En fait, pour donner suite à mon histoire rattachée à Couper le cordon, la fameuse « menace » de partir en appartement, qui planait dans l’air à l’époque, s’est avérée une réalité aujourd’hui. Heureusement, notre cher fils a décidé de procéder de façon progressive. Au début, j’avais du mal à saisir ce qu’il entendait par « partir progressivement ». Je n’avais vraiment aucune idée de comment il allait faire pour « partir progressivement ». Dans ma tête, il n’y avait que deux options seulement, soit tu pars, soit tu restes. Mais, maintenant que le départ progressif est devenu une réalité, je suis heureuse qu’il ait procédé ainsi. De son côté, quelques jours chez nous, quelques jours en appart avec sa copine lui ont permis de tâter le terrain pour être sûr que c’était la bonne chose à faire. De notre côté, cela nous a surtout permis de vivre ce deuil « progressivement » afin de nous donner le temps nécessaire pour nous habituer à son absence. Et pas seulement nous, puisque ses deux sœurs s’ennuient énormément de leur grand frère et n’attendent que son retour… Bien évidemment, cela fait partie d’une toute nouvelle étape de sa vie. Et il y en aura encore bien d’autres auxquelles nous allons sûrement participer. Puisque bien que nous soyons un peu trop collants avec nos enfants, nous adorons nous impliquer activement dans tous leurs processus de croissance et de développement. Quoique, certaines fois, on s’est aussi heurté à quelques murs… De toute façon, comme je le répète toujours, « On est parents pour la vie ». Notre rôle n’est pas du tout terminé, même si le plus important a déjà été bien façonné. En fait, comme parents, nous sommes surtout heureux de voir que notre « petit » homme et devenu une bonne personne et, par-dessus tout, qu’il est heureux. N’est-ce pas notre meilleure récompense en tant que parents ?

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Étapes répétées, mais différemment

Par bonheur, notre cheminement à travers les sentiers sinueux de la paternité est bien loin d’être achevé. Nous avons encore une pouliche et une puce qui nous donnent suffisamment de fil à retordre, chacune dans leur étape respective. Et si vous pensez que parce que nous avons déjà vécu ces étapes avec notre aîné cette fois-ci ce sera du gâteau, vous vous trompez carrément. Vous le savez très bien, chaque enfant est unique et chacune de ses étapes lui appartient aussi. D’une manière ou d’une autre, nos enfants arrivent à les franchir, tant bien que mal, les unes après les autres, à leur rythme et à leur façon. Des fois, ils les traversent sans tracas, d’autres fois ils en ressortent un peu écorchés. Mais nous, les parents, quel rôle jouons-nous là-dedans ? Certains parents se contentent de n’être que de simples spectateurs. Chacun choisit ses batailles. D’autres seront plutôt des figurants : ils seront là, plus ou moins présents à certaines occasions, mais pas entièrement impliqués. Et finalement, il y a ceux qui auront choisi de participer à tous les moments, étapes, phases, stades du développement de son enfant, de son adolescent, de son jeune adulte et de l’adulte qui en découle. Des fois, très proches, ils en ressortent eux aussi assez ébranlés; d’autres fois, en gardant une certaine distance, ils sont présents juste au cas où — car il faut aussi apprendre à nos enfants à prendre leurs propres décisions pour le mieux et pour le pire, même lorsqu’on sait d’avance qu’ils vont droit dans le mur. Quoique nous fassions, quoique nous décidions, notre pouvoir de façonner nos enfants n’est pas illimité et nous devons apprendre à vivre avec cette réalité. Chaque enfant à son propre caractère, sa propre personnalité, ses forces et ses faiblesses, ses intérêts et ses désintérêts, ce qui fait en sorte que les crises des uns ne seront pas pareilles aux crises des autres, les étapes des uns seront différentes des étapes des autres. Une étape critique pour lui, se passera en douceur pour elle, et une autre étape plus difficile pour elle sera une partie de plaisir pour lui.

 

Des conseils imprégnés de notre vécu

Aujourd’hui, nous regardons en arrière, le sourire aux lèvres, lorsque nous nous souvenons de l’étape des couches, du terrible two, des dents, de la propreté, des cauchemars, des crises pour aller à la garderie ou à l’école, les devoirs, l’apprentissage de l’autonomie, les premières chicanes entre amis, les crises d’adolescence, les premiers amours, les premières disputes de couple et tant d’autres. En fait, notre ado traverse actuellement une étape difficile de sa vie, car elle doit faire un choix très important pour son avenir. Naturellement, comme parents, nous avons nous aussi traversé par là et nous savons ce que nos enfants peuvent ressentir (si nous ne l’avons pas déjà oublié…). En effet, nous avons aussi une tonne de conseils à leur donner, des fois teintés par nos propres histoires, nos bonnes et moins bonnes expériences, notre vécu. Toutefois, en fin de compte, cette décision leur revient entièrement. Et même s’ils tiennent plus ou moins compte de tous nos « excellents » conseils, on ne pourra pas les empêcher de ressentir de la peur face à l’inconnu, à l’incertitude, d’avoir peur de se tromper, de craindre de changer en cours de route et d’avoir ainsi perdu temps et argent. Or, tout cela nous est déjà arrivé à mon mari et à moi, c’est pour cette raison que nous affrontons cette étape de manière plus détendue, parce que nous savons que tout le monde peut se tromper, tout le monde a le droit de changer et que ce n’est pas facile de savoir, à l’âge de 16 ans — et même plus tard aussi —, ce que nous voulons faire de notre vie professionnelle pour le restant de notre vie.

En ce qui me concerne, durant toute mon enfance et mon adolescence, j’ai profondément souhaité avoir des parents plus présents. Or, ils vaquaient tous les deux à leurs occupations et à leurs préoccupations respectives, sans trop se soucier de leurs rejetons… En revanche, leur absence, comblée ailleurs par d’autres personnes de mon entourage, m’a permis de devenir la vraie mère poule que je suis aujourd’hui, et je suis heureuse et fière d’être ainsi. Présente à chaque petite minute de leur vie, à leur disposition lorsqu’ils en ont besoin, et fière observatrice autant de leurs triomphes que de leurs échecs. Mes enfants savent que je suis toujours là et qu’ils peuvent compter sur moi comme je peux compter sur eux quand j’en ai besoin. C’est un sempiternel courant d’amour !

 

Bien s’outiller pour mieux passer au travers

Certes, lors des différents moments critiques, nous avons souvent consulté des spécialistes, nous nous sommes bien outillés. À l’époque de mon premier enfant, où l’Internet était presque inexistant dans nos vies de tous les jours, on demandait en général l’avis des adultes de notre entourage, même si ce n’était pas toujours ce qu’il y avait de mieux ni pour nous ni pour nos enfants. De nous jours, tout a tellement changé… Nous avons maintenant accès, à la portée de la main même, à une panoplie de ressources partout où nous regardons : livres, magazines, Internet, conférences, ateliers, blogues et j’en passe. Cependant, malgré tout cela, les étapes que traversent nos enfants demeurent complètement personnelles et propres à la couleur de chaque enfant, et c’est justement ce qui fait la singularité, la richesse et la beauté d’être parent.

 

En définitive, il n’existe pas de guide idéal pour être un bon parent, et nos enfants ne viennent pas non plus au monde avec un mode d’emploi sous le bras. On apprend à être parent avec nos enfants, au fur et à mesure qu’ils grandissent, et nos liens avec eux se développent en même temps. Chacun choisit quel type de parent il veut être et quel type de relation il veut avoir avec son enfant. Or, il existe un immense fossé entre nos paroles et nos actes, car il y a une multitude de facteurs pouvant interférer dans notre choix. Des fois, même bien avant la naissance de notre premier enfant, on imagine quelle sorte de parent on veut être, mais, plus tard, lorsque nos enfants sont là, on en est un bien différent de ce que l’on souhaitait être en réalité. Il y a beaucoup de parents qui souhaitent accompagner leur enfant tout le long de leur développement et qui, pour diverses circonstances de la vie, ils n’arrivent pas à le faire ou à être aussi présents qu’ils l’avaient désiré. Personnellement, je pense que le plus important est d’écouter notre cœur et, surtout, d’être à l’écoute autant de nos besoins comme parents que de ceux de nos enfants. Nous respecter, c’est les respecter, et nous aimer, c’est les aimer. N’oubliez pas que le plus bel héritage que vous laisserez à vos enfants sera tout votre amour pour eux !

Eh bien ! Moi, je suis prête pour la prochaine étape ! Et vous ?

 

À propos de Karina Satriano

Des tranches de vie d'une famille bien héréroclite, des anecdotes sur notre immigration, des trucs pour l'organisation et des témoignages de partage. Tout en un !
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Une réponse à Les étapes de nos enfants

  1. Me gustó mucho el artículo sobre las etapas de nuestros hijos, un mensaje que nos reenvía al tipo de padres que somos.

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